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Dernière mise à jour : 26/09/2012

Bon, excellent, ou... ?

Prétentieux d'aborder la question sous cet angle ? J'en ai mis des années à comprendre que se poser cette question permettait de mieux se connaître. Si le terme "mauvais" n'apparaît pas dans la question du titre, ce n'est pas parce qu'on ne peut pas être mauvais. C'est parce qu'il faut se poser la question dans le bon contexte. Et pour moi, le bon contexte est celui où l'on place ses espoirs ou ses envies du moment, fussent-ils nouveaux ou anciens. Je serais sans doute très mauvais pêcheur, très mauvais réparateur de voiture, ou très mauvais commercial, ce qui me semble normal puisque ce ne sont apparement pas mes domaines de prédilection. Alors pourquoi se demander si on y excellerait ? Plutôt rester sur les thèmes qui nous sont chers, non ? En ce qui me concerne, je cherche à m'épanouir dans plusieurs domaines : musique, électronique, écriture et voix parlée. Chacun de ces domaines me permet en effet de m'impliquer sur le thème de la création, et cela tombe bien car j'adore inventer : compositions instrumentales ou chantées, conception de nouveaux objets électroniques, développements de logiciels, écriture de nouvelles et développement de ma voix. Je n'ai pas abordé ces différents domaines aux mêmes moments de mon existence, et je trouve intéressant aujourd'hui de regarder un peu en arrière.

Bon en musique ?

J'avais 14 ans quand j'ai intégré un groupe de musiciens, pour une période de 4 ans. C'était à l'école où j'allais à l'époque (Auxerre, 89) et je jouais de la flute à bec avec quelques camarades de classe qui eux aussi jouaient de la flute ou de la guitare. Notre géniale prof (incroyable madame Emilie Stys) quant à elle nous accompagnait au piano. Les répétitions avaient lieu le mercredi après-midi et nous accompagnions des chants dans les églises. Je pense que c'est l'esprit d'équipe reçu à ce moment qui m'a plus ou moins guidé plus tard, aussi bien pour les diverses chorales où je me suis inscrit, que pour les réunions techniques sur mon lieu de travail professionnel.
J'ai abordé la composition musicale vers mes dix-huit ans, un peu par hasard. Je prêtais ma voix pour des pubs sur une radio locale d'NRJ, et bricolais quelques montages pour cette même radio (moi-même ayant monté une petite radio locale à l'âge de 14 ans). Un jour, le propriétaire d'un studio d'enregistrement s'est présenté au patron de la radio pour demander s'il connaissait quelqu'un qui pourrait l'aider à câbler ses machines. Le patron m'a désigné d'office et j'ai bien entendu accepté. En remerciement de mes services rendus, le propriétaire du studio m'a permis d'utiliser son matériel quand le studio était libre. Vous imaginez bien la joie que j'ai pu éprouver à ces instants de faire connaissance avec les boîtes à rythme et les enregistreurs multipistes ! Peu de temps après, je faisais mon service militaire. J'ai économisé plusieurs mois de soldes pour pouvoir me payer un petit orgue électronique, dont je jouais dans la nature ou dans ma chambre. Parfois seul, parfois en chantant avec mes camarades. Sorti de mon service militaire, je suis aussitôt entré dans la vie active. Mes premiers salaires sont tout naturellement passés dans un enregistreur multipiste à K7 et une boîte à rythme. Et il n'aura pas fallu attendre très longtemps pour m'offrir un synthé (Roland D50), des expandeurs (TX81Z, D110, R8M), un échantillonneur (Akai S1100) et un ordinateur Atari associé au logiciel Pro 24 (remplacé par la suite par Cubase et un CBX-D3). L'aventure avait démarrée. J'ai passé des journées et des nuits entières à composer, les périodes les plus prolifiques étant celles où je sortais régulièrement en boîte de nuit : je rentrais chez moi avec un mélange confus de musiques dans ma tête, et il n'était alors pas question que je me couche à cet instant !
Mon point de vue : j'ai parfois de bonnes idées musicales, mais je ne sais que rarement les transcrire sur papier ou sur support sonore. Alors j'enregistre l'idée principale quand elle arrive, et peu importe si j'arrive à la développer sur le moment. Je sais que je peux la reprendre n'importe quand. J'ai à mon actif plus de 300 musiques et je sais que plusieurs comportent de bonnes idées. De la matière à moudre, en somme, je pense avoir du boulot pour la retraite ;-)

Bon en électronique ?

J'ai commencé l'électronique bien avant la musique. J'avais en effet 10 ans quand je découvrai dans une revue Science et Vie, un montage électronique permettant de faire clignoter alternativement deux petites ampoules électriques (rubrique Physique amusante). Mon papa m'a aidé à réaliser le montage, uniquement avec des dominos, sans aucune soudure. J'étais émerveillé et j'étais content que mon papa ait consacré du temps pour faire ça avec moi. A suivi l'apprentissage du code de couleurs des résistances et condensateurs, le déssoudage des composants de vieux chassis de téléviseurs en panne, et la construction de quelques montages, dont neuf sur dix ne fonctionnaient pas. Puis mon parrain m'a abonné à la revue Elektor, ce qui a fait enfler ma passion pour les ouvrages du genre. J'ai construit mon premier synthé monodique (et monotimbral) à l'âge de 14 ans. Petite anecdote : j'étais seul et je jouais sur ce petit synthé de fortune dans ma chambre en chantant "Quand j'étais petit garçon" (Michel Sardou), je m'en donnais vraiment à coeur joie. Une fois la chanson finie, j'ai senti une présence derrière moi et me suis retourné. Là, j'ai vu deux visages souriants, celui de ma maman et celui de notre voisine, qui m'a dit que j'avais une très jolie voix. Je suis devenu tout rouge mais comme il s'agissait d'un compliment je ne leur en ai pas voulu de m'avoir écouté en cachette.
Mon point de vue : je me considère plutôt bon dans ce domaine, et je connais très bien mes limites. Je sais rapidement dire si je suis oui ou non capable de réaliser telle ou telle chose.

Bon en informatique ?

Mon expérience dans l'informatique est la plus récente de toutes mes expériences techniques. Les premiers ordinateurs familiaux qui ont atterri à la maison étaient un Sinclair ZX81 et un Amstrad CPC464 (je ne suis même plus sûr du nom du modèle). Mais aussi curieux que cela puisse paraître, je n'étais pas spécialement attiré par ces engins. Ma passion pour l'informatique est vraiment née avec mon premier Atari 512 STF, acheté avec le logiciel Pro 24 pour me permettre de composer quelques airs de musique électronique. C'était bien des années après - ma banque m'avait accordé pour cela un prêt remboursable sur deux ans, et je m'étais alors persuadé et même juré de ne me servir d'un ordinateur que pour faire de la musique. Pas question de penser programmation ! Bien évidement, l'avenir en a décidé autrement. Passé l'apprentissage du traitement de texte et de la retouche d'image, j'ai sombré dans la programmation avec l'idée première de développer un logiciel de création sonore, ou pour être plus précis, un logiciel de création de paramètres aléatoires pour mes synthés. Bien sûr, je me suis lamentablement enlisé dans les lignes de code et le logiciel n'a jamais abouti. Mais la machine était en marche, et j'ai un peu continué dans cette voie.
Mon point de vue : si je m'en tiens aux développements simples, je me considère bon. Là aussi, je connais très bien mes limites, et sais rapidement dire si je suis oui ou non capable de réaliser telle ou telle chose. Je suis plus prudent en informatique qu'en électronique : je m'aventure moins facilement si je sens que ça risque de me prendre trop de temps pour pas grand chose (l'informatique est ingrate, on se rend moins compte des heures de travail passées).

Bon en écriture ?

Mes premiers écrits sont venus assez tôt, puisque je n'avais pas dix ans lorsque que je notais mes rêves sur un cahier. Pas d'invention, uniquement du descriptif. Quelques poèmes entre 11 et  15 ans - comme bien d'autres enfants, premières nouvelles à l'âge de 18 ans, et quelques publications techniques quelques années plus tard. J'ai toujours aimé écrire, cela doit transpirer un peu sur ce site. Cette passion va de pair, je pense, avec mon amour du partage du savoir, qui me sert au quotidien (pour ce site et pour les formations professionnelles que j'assure). J'attache beaucoup d'importance à ce que mes écrits (techniques et autres) soient agréables à lire, et suis très attentifs aux remarques permettant de les améliorer. Je consacre vraiment beaucoup de temps pour écouter et pour corriger.
Mon point de vue : très bon dans le domaine technique (rédaction d'articles, de procédures de maintenance, de manuels utilisateur), et encore des progrès à faire pour les romans et les nouvelles. Mais je commence à trouver mon rythme et mon style.

Bon en voix ?

Comme dit auparavant, j'ai été espionné en train de chanter quand j'avais 14 ans, et les remarques qu'on m'a faites étaient positives. Quand je faisais des voix pour les pubs radio (je n'étais pas encore majeur), le technicien son me disait que j'avais une super voix, mais qu'elle manquait d'énergie. Quand j'animais des émissions radio et des soirées dansantes, on m'a répété maintes fois que j'avais une voix qui passait très bien au micro. Dans les diverses chorales et en cours de chant individuels, je me suis entendu sortir de jolies choses - l'événement était rare mais j'avais la preuve que c'était quelque part en moi. Mes quelques expériences de scène pour lecture à voix haute me confortent dans l'idée de ce que je veux développer. En 2012, je repars sur une formation scolaire de techniques vocales et de jeu d'acteur (voix off et doublage comédien, détails).
Mon point de vue : plutôt bon dans l'ensemble, mais avec bien sûr des tas de choses à perfectionner. J'ai un gros travail sur moi-même à faire, et pas seulement sur la technique respiratoire...

Bon ailleurs ?

En relisant les lignes qui précèdent, je constate que je me considère bon ou plutôt bon dans les domaines précités, et non excellent. Ce qui me laisse tout espoir de m'améliorer :-)
Alors qu'un jour je remettais en cause mes capacités dans la composition musicale, quelqu'un m'a écrit ceci :
"Tu as très certainement un talent, qui se traduit quand tu composes, et qui se sent peut être moins quand tu enregistres...  Donc tu es compositeur amateur, et comme j'ai vu que tu es aussi electronicien et programmeur, ça veut donc dire qu'en terme de spécialités ou talents tu cartonnes déja sur 3 domaines différents ! Que veux-tu de plus, être aussi ingénieur du son / mastering ??? Il y en a suffisamment sur le marché, laisses les faire leur boulot. Concentre toi sur tes compos, joue ces petites notes qui se suivent, tu fais ça très très bien."
Il s'agit d'une des remarques extérieures qui m'a fait le plus réfléchir. On sait bien qu'on ne peut pas être bon partout. Mais on occulte plus ou moins volontairement ce point, peut-être par peur de paraître ridicule à des moments où on n'en n'a pas besoin. Je me dis aussi que cela met en lumière un de mes plus gros défauts : celui de vouloir parfois à tout prix assumer un travail tout seul. Travailler avec d'autres ne m'est pourtant pas du tout désagréable (de nombreuses expériences passées et en cours me le prouvent). Alors où est le problème ? Sans doute de n'avoir pas accepté pendant longtemps mon statut d'incapable sur certains domaines. On essaie, on n'y arrive pas, on insiste et on persiste, refusant de voir l'évidence : on ne sait pas faire. Et pour ma musique notemment, ce point était vital pour moi. Je ne passe donc plus des heures à tenter de fignoler un morceau de musique en l'attaquant par le côté "muraille"; je le conserve en me disant qu'un jour il devra être travaillé par une personne qui sait faire. Très tôt, je rêvais de faire des musiques de film, et j'ai cru pendant des années que celà se réaliserait, qu'il suffisait simplement de quelques années de travail. Mais on n'écrit pas des musiques de film comme ça, le soir, après le boulot, surtout quand on élève cinq enfants. J'ai donc baissé la barre, et me contente de penser que mes compositions serviront à des contes pour enfants ou génériques d'émissions radio ou TV. Entre "viser haut et ne rien faire aboutir" et "viser plus bas et y arriver", j'ai fais mon choix. Mais c'est typiquement le genre de discours que j'entendais souvent sans vouloir l'écouter. Je suis têtu, et je le sais...

Bref...

Il en faut des expériences de tout poil pour avancer. On peut comprendre plus ou moins vite, selon le nombre de gadins qu'on se prend et la façon dont on se relève - avec les bras plus en avant ou plus vers le bas. Le problème avec moi, c'est que je ne me suis jamais ramassé de vrai gadin. On pourrait dire que je suis chanceux, mais je n'en suis pas totalement convaincu. J'ai quitté l'école pour faire mon service militaire, et j'ai quité le service militaire pour entrer dans la vie active, avec un répis de quinze petits jours. Oui, pour le côté professionnel, j'ai été particulièrement chanceux, et je ne me plaindrai pas. Pour la musique, il me faudrait passer une étape supérieure : celle du "direct live" par exemple. J'ai déjà vécu ça par le passé, mais "en partie" seulement : dans un groupe instrumental accompagnant des chanteurs, et plusieurs concerts dans des groupes vocaux. Ce qu'il me faut maintenant, c'est jouer ou faire jouer mes musiques... ou ma voix. Reste à trouver la méthode qui me conviendra le mieux et qui se fondra sans heurt avec mes nouveaux impératifs familiaux. Un grand pas a été fait en 2010 quand j'ai décidé de quitter l'entreprise dans laquelle je bossais depuis 23 ans, pour passer du côté "artistique". C'est parti mon kiki et c'est reparti mon coco ! Bien sûr la suite viendra avec.