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Dernière mise à jour : 30/03/2014

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Texte travaillé en atelier d'écriture.

Incompréhension

Julien laissa retomber sa tête sur l'oreiller. Jamais il ne s'était senti aussi lourd, aussi abandonné. Il regarda le plafond, désespérément vide. En temps normal, il n'aurait pas supporté de voir le moindre insecte au-dessus de lui. Mais ce soir, une simple mouche lui aurait donné l'assurance qu'il n'avait pas touché le fond. Lydia était assise à côté de lui, perdue dans un brouillard densifié par un verre de trop. Ses yeux tournaient dans tous les sens et par moments elle se demandait où elle se trouvait. La dispute qu'ils venaient d'avoir n'avait aucun sens. Mais c'était sans surprise. Malgré toute la tendresse dont elle pouvait faire preuve à son égard, elle ne pouvait pas lui offrir ce qu'il recherchait. Il voulait partager de vraies choses, et pas seulement dans le lit. Elle vivait dans un monde complètement à part et ne voulait jamais sortir. Elle ne savait même pas ce qu'était un musée ou une exposition. Il n'en pouvait plus. Jamais il n'aurait cru être capable d'une telle violence dans les mots. Il l'avait insulté et hurlé si fort que ses mâchoires lui faisaient encore mal. Il n'avait rien contrôlé et il s'en voulait, même si sur le coup il s'était dit que c'était peut-être l'ultime moyen d'établir la communication. Mais elle l'avait regardé sans réagir, sans plus de vie qu'une poupée sur une étagère, et sa colère était tombée aussi vite qu'elle était venue. Jamais il n'arriverait à lui faire comprendre ce qui était si important pour lui. Sa respiration se fit saccadée et il se mit à pleurer. Il n'avait que faire de ce qu'elle pensait et pour la première fois il se laissa vraiment aller. Ses larmes s'intensifièrent et toute la tension qu'il avait accumulée sortit d'un coup. Sa gorge se serra si fort qu'il se mit à tousser, et un voile noir passa devant ses yeux. Il se redressa pour reprendre sa respiration, ses joues étaient d'un rouge inquiétant. Alors qu'il posait ses mains sur sa poitrine pour la faire redémarrer, Lydia se tourna vers lui et lui demanda en souriant.
- Tu veux faire l'amour, c'est ça ?